26 janvier 2006

(...)


_ Ah ! Quand même ! Et tu bosses sur quoi ?
_Ben, c’est pas simple. Pour résumé, c’est tout ce qui touche au développement durable.
_Ouais je vois. J’y connais rien.
_Oui, c’est normal ; c’est pas très, très intéressant quand on est pas dedans.
Je suis très surprise. Très agréablement surprise. Le sérieux de cette activité dénote tant avec le lieu et les personnes présentes. La simple évocation d’une activité intellectuelle dans un endroit aussi superficiel m’a toujours rendu lucide sur la vanité des activités nocturnes ; surtout lorsqu’il s’agit de divertissement. Je pense à Pascal. Je me hais. Je la regarde droit dans les yeux , absente et concentrée à la fois. Sentant l’éloignement de mon esprit, Mel saisit mon avant bras.
_Ca va ?
Le contact me surprend d’abord. Je n’aime pas trop les contacts physiques inattendus. Je lui réponds que je vais bien, mais elle retire sa main comme si elle avait ressenti la crispation de mon corps entier. Je la vois se rétracter. Me sentant un peu coupable je décide de la rassurer. Posant à mon tour ma main sur son avant bras je lui demande comment elle a connu Alex.
_En fait, je suis la cousine de Titi.
_Ah ! Ok.
Je regarde son visage. Ses traits sont fins. Ses cheveux bruns et mi-longs encadrent son visage. Sa peau me semble plutôt pâle et égayée à certains endroits par de petites tâches de rousseur. Dans l’ensemble, elle est jolie et féminine.
Je me demande si elle aussi est comme sa cousine. Je me sens stupide. Est ce vraiment si important ?
Ses yeux sont assez grands mais assemblés harmonieusement avec sa bouche, son nez et ses pommettes. Ils semblent clairs, ses yeux . Probablement verts.
Elle se tourne vers moi et me demande ce que je fais comme étude.
_Je termine mon mémoire de philosophie.
_Ah ! Oui quand même. Et sur quoi, s’il te plait ?
_Je tente de mettre en perspective les idées de Schopenhauer, Nietzsche et Cioran.
_Ils ne sont pas réputés pour leur optimisme, ces trois-là !!!
Nous partons d’un même fou rire.
_Oh ! Ben c’est pas grave ! Moi non plus. Puis " qui se ressemble s’assemble ".
Nous nous sourions un moment. Elle reprend le dialogue laissé en suspend.
_Tu as d’autre passion que le pessimisme ? Me demande-t-elle avec un sourire malicieux.
_Oui, quand même : sport, ciné, musique. Un peu comme tout le monde quoi !
_Oui, c’est vrai. Mais l’amour dans tout ça ?
Je suis surprise, d’abord. Je pense que je rougis car elle se confond en excuse. Je bredouille une suite de " non, non, c’est pas grave ".Toujours est –il qu’elle a raison : et l’amour dans tout ça ?

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