Je reprends un verre. A ma montre il est déjà deux heures trente. Peu importe. Les repères temporels sont inutiles la nuit. Je décrète que le temps n’existe pas. Sa relativité même en est la preuve, me dis-je, afin de m’en convaincre.
Pousser par la curiosité, je décide de retourner vers le groupe de filles de l’étage. Je reprends le même chemin que la première fois. Le copain de Gaëlle et le bloc qu’il s’est branché ne sont plus là. Certainement au toilettes. J’espère ne pas avoir à passer cette épreuve pathétique. Lieu où se mélange les odeurs de tous les fluides. Au milieu de mon ascension une main m’arrête. C’est Alex ! Le bonheur de la croiser après ces mois de séparation transforme entièrement mon visage. Les questions envahissent mon esprit mais aucune ne réussit à sortir pour l’instant. Il semble en être de même pour elle qui ne me quitte pas des yeux. Incapables de parler nous tombons finalement dans les bras l’une de l’autre. Le rapprochement des corps délie finalement nos langues. Je commence.
_Depuis quand t’es revenue ?
_A peu près un mois. Qu’est ce t’as fait à tes cheveux ? !J’te préfère largement comme çà…Y a pas à dire ; t’as trop bien fait de les couper.
_Merci. J’ai grave hésité puis j’y suis allée avec mon frère. Mais t’es toute seule ici ?
_Seule en boîte ? T’es folle ! Non j’suis avec des copines ; on est là haut. Viens. J’t’offre un truc et je te les présente.
_Attends, j’suis venue avec un copine…
_Sarah ? !!
_Non, c’est Gaëlle. C’est un peu long à expliquer. J’la préviens et j’arrive. Ben viens avec moi, comme ça c’est plus simple.
_Oups. Ok, j’descends avec toi…
Nous rejoignons Gaëlle au bar. Elle est avec les deux autres gars. Je leur présente Alex. Les regards se font insistants. Aucunes parcelles de son corps ne leur échappent. Sa beauté plastique est irréprochable et elle se passe de tout maquillage. Ses cheveux, plus blonds que dans mon souvenir, s’éparpillent sur ses épaules nues. Je dis à Gaëlle que je monte à l’étage avec Alex, histoire d’évoquer le passé. Elle me dit que je suis libre de faire ce que je veux. J’ai comme le sentiment que cette phrase exprime totalement l’inverse de ce qu’elle dit. Antinomie tout humaine. Je l’embrasse le plus sensuellement possible tout en la caressant sous son t-shirt, dans le bas du dos. Je lui murmure à tout à l’heure et lui souris tout en m’éloignant

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