Je ressors et décide de monter. Je croise une multitude de regards. On me détaille de haut en bas. Ce soir cela ne me gêne pas. La fille qui m’accompagne est une véritable vénusté ! Elle me met en valeur. J’ atteints la mezzanine. Le second bar est aussi assailli par la même faune que celui du bas. A cet étage il y a des tables et des fauteuils d’un bordeaux presque marron. Tous occupés. Une des plus grandes tables est assiégée par une vingtaine de filles. Je les vois, tour à tour, se lever et se rasseoir, deux par deux. Leurs visages sont très proches à ces moments-là. Plusieurs personnes m’empêchent de bien distinguer de quoi il s’agit. Je me décale. Approche discrètement en buvant une gorgée de mon verre dépourvu de glaçon mais encore assez frais. Je me colle au bar pour ne pas qu’elles remarquent mon regard inquisiteur. Leur jeu continue. Elles sont hilares et bruyantes, mais personne ne leur fait remarquer. Je trouve cette liberté agréable. D’ailleurs, lors de nos baisers avec Gaëlle, je ne me suis pas sentie épiée.
J’effectue un demi-tour discret. Elles sont assez jolies dans l’ensemble. Deux ou trois se démarquent tout de même : plus de maquillages, moins de vêtements. Leur jeu continue. Par deux, elles se lèvent de la banquette ; leurs visages se rapprochent ; les yeux restent grands ouverts. L’une d’entre elles fait sortir un objet, que je ne vois pas encore, de sa bouche. Je comprends alors que la seconde doit le saisir sans toucher l’autre. Ce couple là reste longtemps, l’œil fixe. J’aperçois alors un microscopique morceau de paille bicolore. La seconde le saisit enfin. Le jeu continue. Personne ne semble s’ennuyer.
Je redescends par l’escalier intérieur cette fois. Gaëlle m’accueille en bas : où étais-tu ?
_En haut.
_T’as croisé quelqu’un qu’tu connais ?
_Non.
_Tu matais alors !
_Non ; quelle idée ! Je me jète alors à son cou. Comment veux-tu que je voie quelqu’un d’autre que toi ? Sa bouche est brûlante. Ma langue fraîche. Le nouveau contraste de ce long baiser me fait chavirer. Je sens sa grande main au milieu de mon dos. La mienne explore une nouvelle fois ses cheveux. Mon cœur calque l’accélération du beat de la musique. Je plane littéralement. Littérairement. Cette fois j’oublie que nous ne sommes pas seuls. Mon bassin se colle au sien de manière indécente. L’alcool laisse s’exprimer les premiers effets de la dés inhibition.
Reflux de la conscience. Au rythme de la musique, se substitue celui de mon cœur. Chaque chose reprend sa place. Je me dégage progressivement de son étreinte. La peau de mes bras s’est recouverte de perles de sueur. Sa sueur.
Ses bras se relâchent progressivement. Me relâchent tendrement. J’espère qu’elle sera aussi lascive tout à l’heure, au milieu de la nuit, pris au piège de mon corps.
Nous décidons d’aller danser. Les trois potes de Gaëlle sont éparpillés sur la piste de danse. Deux d’entre eux s’acharnent sur la même fille. Le troisième embrasse langoureusement un mec magnifiquement beau. Ils sont à deux pas des toilettes. A deux pas des préliminaires. Je regarde Gaëlle. J’aime la manière qu’a son corps de bouger sur la musique.

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