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Nous arrivons maintenant au K. . Gaëlle m’explique qu’elle aime cet endroit. Moi, je le trouve identique aux autres lieux de drague de la Côte. Tant pis. Nous descendons l’ escalier qui mène au bar. Elle m’offre un Malibu Ananas. La fraîcheur de la boisson compense l’atmosphère close et suffocante qui règne ici. Je regarde les nombreux visages qui s’agitent dans l’obscurité entrecoupée de rais de spots despotiques. Il me semble t’apercevoir. Je te cherche plus précisément. Ce n’est pas toi, évidemment. La sensation apparue au moment où j’ai cru te reconnaître me laisse confuse et rêveuse. Mélange de joie et de peur extrême. Mal de ventre et jambes fragilisées. Je me ressaisis. Gaëlle me demande de lever mon verre pour un prétexte qui m’échappe.
Elle me précise qu’elle lève son verre à notre prochaine nuit d’amour. Je rougis et souris niaisement. J’approche mes lèvres de sa joue. Elle m’embrasse alors sans détours. Sa bouche est fraîche. Sa langue douce et sucrée. Ma main se noie dans ses cheveux. Ils sont si fins que ma paume les assimile à des milliers de grains de sables fuyants. L’humide douceur de ce baiser m’enivre. Ou alors est ce l’effet du Malibu …
Je quitte sa bouche. J’ouvre les yeux. Le monde est le même. Je me rappèle soudain de Nine. Elle n’en parle pas. Je n’en parlerai pas non plus. Il se pourrait bien que ce soir elle m’appartienne. Ce que j’aime le plus à cet instant, c’est l’idée qu’elle puisse croire que ce soit d’elle que vienne cette douce initiative. Faiblesse humaine. J’aime.
La première fois que tu m’as embrassée fût tellement plus timide. Maladroite même. En plus, je t’en voulais de fumer, d’avoir cette haleine de cendres froides. Tes lèvres étaient bien plus minces que celles de Gaëlle.
Je l’embrasse de nouveau. La magie reste intacte. Je m’en nourris, presque indécemment. Elle me quitte pour aller danser avec les amis que nous sommes venus rejoindre. Aucun des visages ne m’est familier : trois mecs assez identiques. Cheveux courts, t-shirts moulants, colliers de bois autour du coup et bronzages impeccables il me semble. L’obscurité peut me tromper. Je me tourne vers le bar. J’observe les visages les plus proches : blondasses friquées, quinquagénaires audacieux -ou vicieux, ça dépend du point de vue –au cou envahi de chaînes en or, jeunes filles à l’allure masculine, p’tits mecs qui se parlent avec une main sur l’épaule. Je cherche le serveur du regard : la même chose, s’il te plaît. Mes yeux se perdent à nouveau dans la foule agitée. Je décide de la traverser. Gaëlle s’amuse. Elle me fait un clin d’œil. Je hais les meufs qui font des clins d’œil.
Je décide d’aller aux toilettes. Tout en refermant la porte, je me rappelle qu’il me reste quelques lignes de c. . Puis je décide de me rafraîchir le visage et l’envie me passe comme elle m’est venue. J’évite soigneusement de croiser mon regard dans le miroir. La musique est tamisée et la lumière diffuse. C’est plus agréable ici. Plusieurs couples discutent ou entament déjà des préliminaires.

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